11 janvier 2023

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Pauline Barbier

Trouver l’écurie de ses rêves

Si vous avez un cheval ou un poney, il y a de fortes chances que vous l’ayez logé dans une écurie, dans laquelle vous payez une pension mensuelle. On vous donne nos meilleurs conseils pour trouver l'écurie qui vous permette de vivre vos rêves !

Si vous avez un cheval ou un poney, il y a de fortes chances que vous l’ayez logé dans une écurie, dans laquelle vous payez une pension mensuelle. Ce processus, qui concerne une grande majorité des propriétaires de chevaux, est loin d’être anodin, et nécessite une recherche assidue pour satisfaire tous les partis. En effet, il n’implique pas seulement le cheval, mais aussi (voire surtout) des êtres humains qui doivent apprendre à cohabiter avec leurs différences. Entre disputes virulentes, actes manqués et chevaux insatisfaits, on vous donne nos meilleurs tips pour vous en sortir indemnes !

Pauline & poulain au pré

Nos conseils sur le sujet :

1. Des besoins du cheval, et de l'humain
2. Un bon compromis 
3. Du relationnel humain 
4. Qu'êtes-vous prêt à sacrifier ? 
5. Une culture encore trop traditionnelle ?  

 

1. Des besoins du cheval, et de l'humain 

Tout propriétaire de cheval éclairé sait combien trouver une “bonne” pension pour son cheval relève véritablement d’un exploit.
Cette démarche commence par établir quels sont les besoins d’un cheval et puis de son humain.


Laissez-moi commencer volontairement par les besoins de l’humain.

Ceux-ci sont assez variables individuellement.

- infrastructures : certains s’en fichent complètement, d’autres ont besoin d’installations pour travailler. D’autres ont même besoin de “bonnes” installations, autrement dit, un sol correct, une piste clôturée, hersée, arrosée, et j’en passe (serai-je concernée ?! Oui.). Certains ne veulent pas tirer une croix sur un manège - en aucun cas faut-il juger les besoins de chaque cavalier. Si vous ne supportez pas la pluie et le froid, eh bien gardez le manège en critère et ignorez les gens moqueurs. Si travailler dans une prairie vous va bien, ce sont vos envies et votre choix.

- proximité du domicile : ce critère possède également une grosse variation individuelle ! Certains n’envisagent même pas de faire plus de 15 minutes de route, d’autres sont prêts à faire 40 minutes tous les jours. A noter également que ce facteur va être forcément régulé par la région où vous habituez (difficile de réaliser moins de 30 minutes de route quand on vit à Paris ou Bruxelles et qu’on veut que le cheval sorte tous les jours), le facteur chance, ainsi que par votre niveau d’exigence.

- management proposé pour les chevaux : je mets volontairement ça dans “besoins de l’humain”, parce que chacun sa petite idée de ce qui est un “bon” management des chevaux. En effet, certains voudront un temps de boxe, d’autres surtout pas, certains seront trop inquiets si le cheval est en groupe, d’autres tueraient si le cheval était isolé, certains veulent donner leur nourriture, d’autres ne veulent pas s’en préoccuper… Bref, le point de vue de l’humain responsable sur le mode de gestion du cheval, c’est un critère humain d’abord et avant tout.

Infrastructure Ely & Lucie

Maintenant, passons aux besoins du cheval.

Ceux-ci sont simples :

- il doit pouvoir bouger tous les jours
- manger des fibres à volonté
- avoir des interactions sociales avec ses congénères
- (non-)bonus : la gestion de celui-ci doit être assez flexible pour s’adapter aux variations individuelles

Ces besoins accordent tous les experts et chercheurs :

- le cheval est un animal de mouvement : rester statique trop longtemps produit des effets délétères indiscutables sur son moral (stress, frustration, manque de contrôle sur son environnement, impossibilité d’exprimer certains comportements naturels), et sur son corps (engorgement, maintien de la musculature, etc.). Une sortie tous les jours est donc indispensable.
- les fibres constituent l’aliment de base du cheval : si son estomac est vide pendant 4h ou plus, on multiplie le risque d’ulcères. Un manque de fibre a un impact crucial sur la digestion du cheval, dont on sait qu’elle est dans un équilibre fragile chez le cheval, et cela augmente les facteurs de coliques.
- le cheval est un animal de groupe : l’empêcher de groomer, taper, manger, dormir avec d’autres chevaux, c’est le priver d’un trait essentiel propre à son espèce.

Bon, ça, c’est le portrait dans ses grandes lignes.

Évidemment, il existe des variations individuelles.

Évidemment, l’équilibre d’un groupe de chevaux ne consiste pas “juste” à jeter 5 chevaux ensemble et prier pour que tout se passe bien. Bien sûr, si vous êtes dans une écurie où les chevaux valent des dizaines de milliers d’euros, il y a de fortes chances que le gérant mette en place des règles basées sur la sécurité ultime. Un bon gérant d’écurie est capable d’ajuster sa politique quand il voit qu’un cheval ne se sent pas bien dans son groupe, qu’il n’a pas accès au foin, ou bien qu’il doit porter un panier pour ne pas devenir obèse et qu’il faudra donc mettre une bassine pour qu’il puisse boire. On en parle juste après, mais c’est un critère fondamental.
Bien entendu, il existe des pressions financières, humaines, systémiques, foncières, que chacun doit gérer comme bon lui semble. En effet, certains chevaux ont des pathologies, des historiques, des complications qui vont demander des adaptations de ces besoins fondamentaux.